Le bio, pas si vert que ça…

Par J-C le 29 novembre 2009
Dans la Catégorie: Agriculture, News de BioBlog

Bio pas si vert

Apparemment, tout va bien au pays du bio. L’alimentation issue de l’agriculture biologique, reconnaissable à son logo officiel AB, ne connaît pas la crise. Depuis dix ans, les ventes décollent en France et en 2008; elles ont encore bondi de 25% à 2,5 milliards d’euros. L’offre biologique s’étend maintenant à tous les produits, même les plus industrialisés, comme des soupes en brique ou du ketchup. Un «green business» dont ont profité les grandes surfaces qui s’adjugent maintenant 42% du chiffre d’affaires, loin devant les chaînes spécialisées (27%), selon les dernières données de l’Agence Bio. Désormais, cette forme d’alimentation n’est plus réservée à une élite écolo: un Français sur quatre consomme un ou plusieurs produits bio régulièrement.

Seulement voilà, ce puissant engouement n’a pas que des bons côtés. Pour répondre à une demande croissante, les importations de ces produits explosent. Certes, impossible de faire pousser en France des ananas ou du café. Mais les deux tiers de l’alimentation bio importée, parfois de très loin, pourrait être produite dans l’Hexagone. Vous avez trouvé des pommes bio? Il y a des chances pour qu’elles aient muri sous le soleil d’Argentine. Globalement, 60% des fruits et légumes bio viennent de l’étranger. Le lait coule à flot en France? Pourtant, un quart de la production bio est d’origine allemande, danoise ou autrichienne. De même que viennent de pays tiers la moitié de l’épicerie salée, 60% des surgelés et 75% des jus de fruit issus de l’agriculture biologique. Un tiers des céréales serait également importé d’Italie, de Pologne ou de Roumanie. Seule consolation, l’essentiel des viandes bio est issu d’élevages français. Sauf qu’une partie non négligeable de la nourriture pour le bétail, notamment le soja bio, a pour pays d’origine … la Chine.

Finalement, tous produits confondus, 30% du bio vendu en France est importé. C’est beaucoup trop. Car l’objectif principal de l’agriculture biologique est de contribuer à la protection de l’environnement (réduction de la pollution, amélioration de la qualité des sols). Et non d’envoyer sur les routes des semi-remorques ou faire voler des avions. Bien souvent, les fruits ou les surgelés bio qu’achètent les ménages ont parcouru des milliers de kilomètres en camion polluant. Bonjour les émissions de CO2! Les framboises bio de Bulgarie sont peut-être plus nuisibles à la nature que leurs équivalentes françaises cultivées à coup de pesticides. Pourquoi alors payer 30, voire 50% plus cher un produit dont le bénéfice environnemental est loin d’être évident? Autre souci, ces filières d’importation sont plus difficiles à contrôler, surtout en dehors de l’espace européen. L’an passé, une affaire d’alimentation pour animaux d’origine chinoise, censée être bio mais contaminée à la mélamine, avait jeté un froid.

On voit mal comment ces importations faibliraient dans les prochains mois. Car la France accuse un retard abyssal en matière de production biologique. Actuellement, 2% de la surface agricole est consacrée à la culture bio. Ce qui nous place seulement au 21e rang européen, loin derrière des pays comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne ou même la Grèce et le Portugal. Un fiasco pour la première puissance européenne agricole. La faute à qui? Selon les producteurs spécialisés, les aides publiques sont bien plus modestes que dans la plupart des autres pays européens. Pour convertir des champs au bio, il faut au minimum deux ans. Sans grand soutien, difficile pour un agriculteur français de prendre le risque de se lancer.

L’an passé, à l’issu du Grenelle de l’Environnement, le gouvernement s’était pourtant engagé à tripler la surface agricole bio d’ici à 2012. Une promesse difficile à tenir tant que les aides financières pour encourager les conversions ne suivront pas.

Bruno Askenazi, photo Reuters

Slate.fr

La capote Bio

Par J-C le 5 juillet 2009
Dans la Catégorie: Agriculture, News de BioBlog
La capote Bio

La capote Bio

Avis aux écolos en quête d’ amour 100 % bio : Terra Eco, «le mensuel du développement durable» a consacré un article entier à «la capote verte» dans son numéro d’été : «de plus en plus de marques sont émoustillées par le créneau de la capote verte. Les mastodontes du secteur préfèrent, eux, vanter leur latex 100% naturel. Mais cela ne suffit pas à en faire un produit écolo», constate pourtant le mensuel.

Ainsi, en France, dans les magasins bio ou certaines pharmacies, on trouve les NamNam à la fraise ou les Birds’n Bees de couleur verte du Dr. Theiss, une marque suédoise qui affirme utiliser uniquement du naturel pour son latex et ses produits de traitement. Depuis fin 2007, la marque French Letter commercialise également des capotes issues de filières de commerce équitable ! L’enjeu est énorme car, selon le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), 10,4 milliards de préservatifs ont été utilisés dans le monde en 2005.

Cocktail chimique
Alors les poids lourds s’y mettent aussi, Durex comme Manix communiquent «développement durable», «latex naturel»… Mais l’article de Terra Eco émet de fortes réserves : «Problème : l’ensemble de la filière n’apparaît pas aussi vert (…) à cause du cocktail chimique dans lequel elles ont trempé, la plupart des capotes fabriquées à partir de latex ne se révèlent pas plus biodégradables que leurs cousines en plastique (du polyuréthane)».

Sans compter qu’il n’existe pas vraiment non plus de lubrifiants 100 % vert…Ce n’est pourtant pas une raison pour les abandonner!

Par Marc Endeweld
Source: http://www.tetu.com

“Poubelle d’Or Dur” Bio-Blog pour les “fans” du Paris-Roubaix

Par J-C le 15 avril 2009
Dans la Catégorie: Agriculture, Médailles d'or Bio-Blog

Une Poubelle d'Or

Seul le brouhaha des voitures de la RD toute proche brise le silence de l’après-bataille. Non loin du carrefour de l’Arbre, une chaise longue éventrée prend le soleil au milieu des bidons vides, des papiers déchirés et des canettes écrabouillées. Des gobelets par dizaines jonchent les petits fossés, s’éparpillent dans les champs alentours. Les tentes tendues pendant deux jours et deux nuits ont laissé des ombres sur les pousses de blé asphyxiées, des ornières zèbrent les parcelles qui longent l’étroite route pavée.

Paris -Roubaix

Paris -Roubaix

Dimanche, de Templeuve à Gruson en passant par Camphin-en-Pévèle, le Paris-Roubaix a laissé des traces dans les champs. Des zones semées, aux abords de la route mythique, sont inexploitables pour cette année. « C’est de pire en pire », déplore Chantale, un grand sac plastique rempli de déchets à la main. Le nettoyage de l’un de ses champs lui aura pris près de trois heures hier.

Habitués des outrages de quelques supporters excités, les gérants de l’exploitation « La Basilienne » avaient pourtant anticipé en retardant la semaille des parties trop proches de la course. « Là, on a planté de la betterave, mais là, on a attendu. On plantera du maïs. Ce n’est pas simple à gérer, mais au moins on est sûrs de préserver la culture. » Un grand outil a été tracté jusqu’à l’entrée du champ pour en barrer l’entrée aux caravanes. Les camping-cars désormais s’acquittent d’un droit de location. « En tout, ça nous rapporte entre 450 et 500 euros.

Mais je préférerais ne rien gagner du tout et ne pas avoir les dégâts qu’on a chaque année. Au moins, avec ce système, on prend les noms et on peut imposer le nettoyage après la course. » Hier, un camion et sa remorque transformée en buvette géante étaient encore stationnés dans le champ de Chantale. Les deux pneus dégonflés. « C’est moi. Je lui regonflerai moi-même quand il viendra ramasser tous ses déchets », explique l’exploitant, Jean-Michel. « Je n’ai rien contre la course du Paris-Roubaix, précise-t-il, mais que les gens respectent nos champs. Que diraient-ils si j’allais détruire leur pelouse avec mon tracteur ? » Philippe, à Baisieux, n’en revient toujours. Hier matin, il a découvert des ornières dans son champ pourtant situé à près d’un kilomètre du passage de la course. Ses semailles de betterave ont souffert et le jeune agriculteur y voit à juste titre un manque de respect pour son travail. C’est la colère qui se lit dans ses yeux quand il évoque les 4X4 qui ont traversé sa terre juste semée. « Je n’ai rien contre ceux qui empiètent un peu sur le champ. On laisse, c’est la course, c’est normal. Mais là, regardez, ils ont carrément traversé la parcelle ! », désigne-t-il de la main.

La grande majorité des irréductibles qui s’installent dès le vendredi soir sur cette partie stratégique de la course viennent de Belgique et son néerlandophones. Difficile pour les agriculteurs de discuter. Et la langue n’est pas la seule barrière. « Moi, je n’y vais pas. J’ai trop peur de m’en manger une, témoigne cet exploitant. Ils commencent à boire dès le matin. La journée, ils sont complètement saouls !

la Voix du Nord

Un céréalier se convertit au bio: « difficile, mais rentable »

Par J-C le 6 mars 2009
Dans la Catégorie: Agriculture

Rémi Garnot est agriculteur en cours de conversion au bio. Producteur de céréales à Réau (Seine-et-Marne), en phase de conversion partielle –bientôt 15 hectares sur un total de 110–, il estime qu’il y a encore trop de freins techniques et psychologiques: “Il est difficile de faire un saut dans l’inconnu, de changer ses techniques, son matériel et ses habitudes, surtout lorsque la filière est encore peu constituée et qu’on manque de soutiens techniques et scientifiques. Dans ma région, le fait que je sois un peu isolé ne m’aide pas.”

Source : Eco.rue89