Fini, le temps des marginaux… Le bio est à la mode. Exemple avec les Sept Épis, à Lorient.En vingt ans, le nombre de ses adhérents a été multiplié par quatre-vingts. 55 salariés y travaillent.
Aux débuts, il y avait Croque Lune, un groupement d’achat qui comptait une centaine de membres, et qui stockait les produits dans un garage. Devenue les Sept Épis, la coopérative de consommateurs s’est installée dans une ancienne épicerie de quartier, à Lanveur. Longtemps, elle est passée pour un repaire de marginaux, nostalgiques du Larzac et macrobiotiques…
Tout a vraiment changé en 2002. À l’étroit dans son petit commerce, la biocoop s’installe sur une zone industrielle. « On a loué un entrepôt, que nous avons entièrement remis à neuf, explique Mikaël Coroller, le directeur depuis 2000. Nous sentions que les mentalités avaient changé, que le bio répondait de plus en plus à une attente. Il y avait trois salariés quand je suis arrivé de Rennes, où je dirigeais le Scarabée (32 salariés à l’époque, cent aujourd’hui). Ici, nous sommes passés de trois emplois à cinquante-cinq. »
À Keryado, la biocoop multiplie les initiatives. « Nous avons développé tous les rayons d’une supérette classique, dit Mikaël. Y compris une poissonnerie, qui travaille avec des élevages bio et les artisans pêcheurs côtiers. Mais nous avons aussi ouvert un espace écoconstruction avec des peintures, des enduits, des isolants. Puis un espace écoproduits : literie, vêtements, ustensiles de cuisine… »
Et maintenant un restaurant
Les Sept Épis se développent de plus en plus vite. Tant et si bien qu’un second magasin alimentaire ouvre à Lanester en mai 2005, dans la zone de Lann Sévelin. « Ce nouveau site a capté 20 % de la clientèle de Keryado et 80 % de nouveaux acheteurs. Nous fonctionnons en société anonyme coopérative de consommateurs. 80 % des clients sont adhérents. Nous avons 8 000 familles adhérentes, qui bénéficient d’une remise permanente de 5 %. »
À l’automne, les Sept Épis ouvrent un troisième magasin à Quimperlé-Mellac, sur le modèle de Lanester. « Sauf qu’ici nous avons acheté le terrain et nous construisons en bois avec un toit solaire, pour être cohérents avec nous-mêmes. »
Dernier symbole de l’intégration des Sept Épis dans le paysage lorientais : l’ouverture de Croq’Épi, un restaurant bio, le midi seulement, juste derrière le magasin de Keryado. « Nous proposons des menus à prix modérés, dans un cadre original. Nous voulons faire la preuve que le bio, c’est bon et abordable. »



